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Guadeloupe. Les « Années New Land » au PDS : un coup d’essai, un coup de maître ?

Gosier. Lundi 7 août 2019. CNE. Le Palais des Sports (PDS) a rassemblé samedi dernier une grosse foule des ultimes nostalgiques du New Land. Après 3 ans de standby, Stanley Kury et Olivier Fifi, deux night clubbers authentiques, respectivement concepteur et producteur de la soirée, ont voulu faire revivre le « son » et l’ambiance du New Land, la boite de nuit mythique du milieu des années 80. Ont-ils réussi leur pari ?

Le PDS du Gosier n’est pas et ne sera jamais le New Land. Il ne fallait donc pas en pénétrant sur la piste de danse bien trop exiguë et torride, s’attendre à voir déambuler Miguel (ex-DJ redoutable !) et Sandro Colat, les fils de Michel « Miko » Colat, qui dans les années 80 ont « fait » du New Land la boite de nuit culte, celle qui attirait chaque samedi la foule des « newlanders » an mouvman, prêt pour zouker anba koko la, comme le chantait déjà Jean-Claude Naimro et Luc Léandry.

Olivier Fifi et son compère Stanley Kury qui lui a vécu dans sa jeunesse ces années New Land pour en avoir été l’un des DJ, ont donc voulu recréer ce qui fit le charme de cette boite à nulle autre comparable. Le New Land, qui prit la suite de la Cocoteraie sur la route de Riviera à Gosier, à quelques encâblures de Pointe-à-Pitre, avait deux fonctions essentielles : être The place to be, le lieu de rencontre, de siwotaj des trentenaires de l’époque d’une part et de l’autre, donner aux artistes connus voire inconnus la possibilité de faire la promotion de leur dernier opus. En ce sens le New Land a été le temple du playback. Ils sont rares les artistes à n’avoir pas fortement « suggéré » à Miguel Colat de les programmer. Le plus souvent, pour voir sans bien entendre les vedettes d’un soir, il fallait être près de l’estrade qui servait de scène et attendre 0H50 quand ce n’était pas 1 heure du matin. Et jusqu’à cette heure avancée de la nuit ou du jour, le bar du New Land ne désemplissait pas. Whisky Coca ou champagne s’accommodaient parfaitement avec les zoukeurs en en mode playback. C’était aussi cela, le New Land.

Samedi, au PDS, la foule s’est massivement déplacée. Entre 2 500 et 3 000 personnes selon les organisateurs, un peu plus dirait pour une fois la police. Une ambiance surchauffée, de la sueur et DJ David, grand spécialiste de ce type de soirée, s’est donné à coeur joie pour convoquer de nouveau sur ses platines tous les tubes de Tanya Saint-Val, de Jean-Jacques Gaston, Eric Brouta, Expérience 7 et Zouk Machine, il faut le dire, un peu oubliés aujourd’hui mais qui faisaient le plaisir des « nwaseurs » des années 80,

Ces milliers de nostalgiques qui se sont déplacés, croyant retrouver le New Land perdu, ont été un peu déçus . Pas assez de tables et de chaises car 30 ans après les invétérés « nwaseurs » sont devenus sexagénaires et après deux zouk chiré et un zouk love, on a envie de s’asseoir pour siroter, discuter avec la copine qu’on avait pas vu depuis 20 ans ou plus. Oliver Fifi reconnaît qu’il a manqué de sièges et de tables. Le bar n’a donc pu fonctionner comme au temps du vrai New Land. Stanley Kury admet qu’il faudra encore du temps et beaucoup de soirées pour écouler le stock de boissons qui lui reste sur les bras.

Alors, ce coup d’essai au PDS sera-t-il suivi d’un coup de maître ? Y’aura-t-il comme certains le souhaitent une deuxième nuit des années New Land avant la fin des grandes vacances ? « Non, répondent de concert Kury & Fifi, c’est extrêmement lourd à mettre en place ! ». Même si le volet sécurité du cahier des charges a été respecté, contrairement à une rumeur qui s’est propagée. « L’organisation d’une telle soirée dans un tel lieu ne se met pas en place en un claquement de doigts », assurent les organisateurs.

Donc dans l’immédiat, personne ne revoit une seconde édition. Pourtant la soirée s’est déroulée sans incident majeur. Le public qui a fréquenté ce New Land d’un soir, au vu de sa moyenne d’âge, n’est pas du genre à créer des problèmes. Les nombreux vigiles présents ont tous reconnus que la soirée a été « calme » vu sous l’angle de la sécurité.

Mais la question de la rentabilité de ce genre de manifestation se pose car le budget de production est « chaud ». Mais comme le souligne Robert Gratte, autre membre de l’organisation, si « l’on se fie seulement à l’engouement des gens, il faudrait remettre ça ! ». Oui sans doute, mais pas au PDS !